Pour beaucoup, Ursula Andress reste aujourd’hui encore associée à une scène en particulier : un bikini blanc, un couteau à la ceinture, la mer de Jamaïque – et Sean Connery dans le rôle de James Bond. Ces images ont rendu la Bernoise mondialement célèbre en 1962 et l’ont fait entrer dans l’histoire du cinéma. Mais elles ont aussi éclipsé une carrière bien plus variée, singulière et passionnante que ne le laisse supposer l’étiquette de «Bond Girl». Avec son programme spécial «Histoires», les Journées de Soleure rendront pour la première fois en Suisse un hommage plus complet à Ursula Andress.
URSULA ANDRESS – Plus qu’une James Bond Girl
- Publié le 21. septembre 2026
En 1962, DR. NO fait d’elle une icône du jour au lendemain. Les Journées de Soleure 2027 montreront qu’elle est bien plus que cela.
Une dizaine de films projetés à Soleure permettront de découvrir les différentes facettes de son travail : les plus glamour, mais aussi les plus comiques, subversives et aujourd’hui moins connues. La rétrospective sera complétée par des rencontres avec des compagnons de route, des cinéastes et des personnalités de son entourage.
Du sex-symbol à la femme indépendante
Ursula Andress (*1936) compte parmi les rares actrices suisses à avoir véritablement mené une carrière internationale. Elle a tourné aux côtés d’Elvis Presley, Frank Sinatra, Sean Connery, Marcello Mastroianni, Alain Delon ou Charles Bronson. Pourtant, le public s’est souvent davantage intéressé aux hommes qui l’entouraient – et à ses relations avec James Dean ou Jean-Paul Belmondo – qu’à son propre travail artistique. Il vaut pourtant la peine d’y regarder de plus près. Andress a incarné des femmes qui étaient loin de n’être que de simples faire-valoir décoratifs. Dans LA DECIMA VITTIMA d’Elio Petri, sorti en 1965, elle joue une chasseuse aussi élégante que meurtrière. Aux côtés de Marcello Mastroianni, elle évolue dans une société futuriste où tuer est devenu un spectacle médiatique. Aujourd’hui, le film paraît presque prophétique et révèle une Ursula Andress pleine d’esprit, de froideur et d’une bonne dose d’autodérision. Dans le western SOLEIL ROUGE de Terence Young, sorti en 1971, elle s’impose également aux côtés d’Alain Delon, Charles Bronson et Toshirō Mifune. En revanche, elle est restée une présence rare dans le cinéma suisse. Sa participation à KLASSEZÄMEKUNFT, en 1988, n’en est que plus remarquable.
L’icône reste à distance
Le mythe Ursula Andress tient aussi à sa distance vis-à-vis du star-système. En dehors des tournages, elle recherchait peu la lumière des projecteurs, accordait rarement des interviews et, ces dernières années, ne faisait plus que de très rares apparitions publiques. Elle ne sera pas non plus présente personnellement lors des projections à Soleure. Le programme spécial ne veut donc pas simplement rendre un hommage nostalgique à une icône du cinéma, mais proposer une nouvelle lecture de ses films. Des introductions, des rencontres dans le cadre de «Fare Cinema» ainsi qu’une table ronde avec des historiens du cinéma permettront de replacer l’œuvre d’Andress dans le contexte du cinéma international de stars et d’auteurs des années 1960 et 1970. Mais la rétrospective de Soleure est avant tout une occasion, attendue depuis longtemps, de ne plus considérer Ursula Andress uniquement comme cette femme qui, un jour, surgit de la mer – mais comme une actrice suisse qui a su s’imposer au cœur du cinéma international de son époque.
