Vingt ans après leurs apparitions devenues légendaires dans les rôles de Miranda, Andy, Emily et Nigel, Meryl Streep, Anne Hathaway, Emily Blunt et Stanley Tucci retrouvent les hauts lieux de la mode new-yorkaise ainsi que les élégants bureaux du magazine Runway. Très attendue, cette suite du phénomène cinématographique de 2006, qui a marqué toute une génération, se révèle pourtant étonnamment terne.
THE DEVIL WEARS PRADA 2 – Le grand retour des stars
- Publié le 23. juin 2026
Près de vingt ans après leur première apparition à l’écran, Meryl Streep, Anne Hathaway, Emily Blunt et Stanley Tucci se retrouvent à nouveau réunis.
THE DEVIL WEARS PRADA 2 | SYNOPSIS
Dans cette suite, Miranda Priestly se retrouve confrontée à la fin annoncée de sa carrière. Le monde des magazines imprimés est en déclin et la révolution numérique menace l’existence même de Runway.
Pour sauver son prestigieux titre, elle doit affronter celle qui fut autrefois son assistante : Emily Charlton. Désormais cadre influente au sein d’un puissant groupe de luxe, Emily contrôle une part essentielle des budgets publicitaires dont Runway a désespérément besoin.
Entre rivalités professionnelles, luttes de pouvoir et bouleversements du secteur de la mode, les anciennes alliances sont mises à l’épreuve dans un univers où l’influence est devenue la ressource la plus précieuse.
Notre rubrique : Déception du mois
Dans cette rubrique, nous présentons des films qui n’ont pas répondu à nos attentes. Cela ne signifie pas pour autant qu’il s’agit de mauvais films. Bien souvent, les ingrédients étaient réunis : un sujet prometteur, une distribution prestigieuse ou une idée originale. La déception est d’autant plus grande lorsque ce potentiel n’est finalement pas pleinement exploité.
Cela dit, ces films trouvent aussi leur public. Ce qui ne nous convainc qu’à moitié peut parfaitement séduire d’autres spectateurs, que ce soit pour passer un bon moment, retrouver des acteurs appréciés ou simplement parce qu’ils recherchent précisément ce type de cinéma.
THE DEVIL WEARS PRADA 2 | CRITIQUE
Vu pour nous par Felix Schenker
Retrouvailles en haute couture
Il existe des films qui ressemblent à un repas gastronomique copieux, et d’autres qui évoquent davantage une collation joliment présentée. THE DEVIL WEARS PRADA 2 appartient clairement à la seconde catégorie. Le film ouvre l’appétit, mais ne rassasie jamais vraiment.
L’intrigue est agréable, facile à consommer et offre exactement ce que l’on attend : de belles personnes, une mode somptueuse et des décors luxueux. Retrouver Meryl Streep, Anne Hathaway et Emily Blunt constitue sans aucun doute l’un de ses principaux attraits. Ce trio emblématique fonctionne toujours et procure un réel plaisir de retrouvailles.
Entre mutation des médias et immobilisme
Le film tente d’aborder de grands sujets : la transformation du paysage médiatique, la numérisation ou encore la question de la pertinence dans un secteur en perpétuelle évolution. Mais THE DEVIL WEARS PRADA 2 le fait avec beaucoup trop de prudence.
De nombreuses pistes sont esquissées sans jamais être véritablement développées ni interrogées. Le film reste constamment en surface et refuse de prendre le moindre risque. On pourrait considérer qu’il ne faut pas exiger davantage d’un divertissement grand public. Pourtant, c’est précisément cette audace qui lui aurait apporté davantage de tension, d’ironie et d’humour.
Au lieu de cela, il s’appuie sur des schémas familiers et sur une narration tournée vers le passé. Le résultat est un film qui s’habille de thèmes contemporains sans jamais réellement les comprendre.
Peu d’audace, beaucoup de nostalgie
Ce qui manque le plus au film, c’est le courage. La réalisation privilégie la sécurité aux idées nouvelles. Beaucoup d’éléments paraissent étonnamment datés, comme si un concept ancien avait simplement été remis au goût du jour.
Cette impression est particulièrement sensible dans le personnage de Miranda Priestly. Elle est toujours là, mais elle a perdu une grande partie de son mordant. Autrefois figure iconique et presque intimidante, elle apparaît ici plus douce, moins précise et, par conséquent, moins fascinante.
La légèreté du premier film, cette élégance naturelle qui faisait son charme il y a vingt ans, s’est également largement évaporée. Ce qui demeure est une suite efficace, mais étonnamment sage.
Des caméos sans mordant
Le traitement réservé aux grandes figures de la mode relève presque de l’ironie. Lorsque Heidi Klum ou Donatella Versace apparaissent quelques secondes à l’écran, il s’agit de simples caméos : de brefs clins d’œil destinés à flatter le spectateur plus qu’à enrichir le récit.
Leur présence reste purement décorative, une figuration de luxe à forte valeur de reconnaissance. Cela suffit peut-être pour arracher un sourire, mais cela illustre aussi l’une des limites du film : son incapacité à porter un regard plus critique sur l’univers de la mode.
Plus frappante encore est l’absence quasi totale des influenceuses, qui jouent pourtant aujourd’hui un rôle central dans l’industrie. Cette omission ressemble moins à un choix artistique qu’à un véritable angle mort. Or, le monde des réseaux sociaux aurait constitué un terrain idéal pour apporter davantage de mordant et de pertinence au récit.
Conclusion : plus fast fashion que haute couture
THE DEVIL WEARS PRADA 2ressemble moins à une création spectaculaire signée Dior, Gucci ou Versace qu’à une tenue correcte mais interchangeable de H&M ou C&A.
Le film se regarde avec plaisir, notamment grâce à son casting et à son univers familier. Mais derrière son élégante vitrine, il manque de caractère, de modernité et surtout de prise de risque. Une suite agréable, certes, mais qui ne retrouvera sans doute jamais le statut culte de son prédécesseur.