
Cinéma de la réduction
Avec des films comme OLD JOY, WENDY AND LUCY, MEEK’S CUTOFF ou FIRST COW, Kelly Reichardt a développé un langage cinématographique qui lui est propre : calme, attentif, profondément humain. Son cinéma raconte des vies en marge, des paysages comme espaces de l’âme et des tensions sociales qui ne s’expriment pas par de grands gestes, mais par des regards, des silences et des chemins à travers la nature. Ses personnages évoluent dans des zones intermédiaires — géographiques, sociales, émotionnelles — et sont souvent en mouvement, sans toujours savoir clairement vers où ils vont.
Politique discrète, regard documentaire
Le cinéma de Reichardt est discret, mais politique. Il parle des inégalités de classe, de l’insécurité économique et des fissures du rêve américain. Dans WENDY AND LUCY, la pauvreté est vécue, non expliquée ; dans MEEK’S CUTOFF, l’histoire coloniale apparaît comme incertitude ; dans FIRST COW, le capitalisme devient visible dans le quotidien. Son œuvre se rapproche du documentaire : lumières naturelles, plans longs et observation précise font des paysages de véritables acteurs et des instants les véritables protagonistes.